Balades à Paris et en Touraine

Au bonheur des dames, mais aussi des messieurs : le Palais Royal et les passages couverts

18 Janvier 2015, 12:55pm

Publié par Jean-Charles Prévost

Au bonheur des dames, mais aussi des messieurs : le Palais Royal et les passages couverts

C’est l’immense succès des galeries construites par Philippe d’Orléans autour du Palais Royal à la fin du 18é siècle qui lance la formule d’un lieu couvert où la riche clientèle aime à se retrouver, ce qui fait dire à un voyageur étranger : « Paris est au centre de la France mais le Palais Royal est au centre de Paris, on y trouve tout ce qu’on peut désirer ».

Les 180 travées des galeries accueillent toutes sortes de commerces à la mode ainsi que des cafés comme le café Corazza ou des restaurants comme le Véfour - qui a gardé son décor du 18é siècle ; on y trouve aussi la Comédie Française et le théâtre du Palais Royal. Aux étages se trouvent des maisons de jeu et des boudoirs où les prostituées exercent leur commerce.

Un exemple d’urbanisme commercial

Au siècle suivant, l’industrie textile élabore des produits toujours plus sophistiqués et chers: taffetas, velours, dentelles, pour une clientèle aisée et à la pointe de la mode qui répugne à emprunter les rues crottées et encombrées du centre de Paris et réclame des endroits propres, abrités et sûrs.

La confiscation des biens du clergé a libéré des terrains et les nouvelles techniques de construction métallique permettent de créer des rues couvertes éclairées par de grandes verrières rivalisant de richesse dans leur ornementation.

Les passages couverts qui réunissent commerces de luxe, cafés, hôtels, cabinets de lecture où les journaux s’empruntent pour un tarif modique, deviennent le centre de la sociabilité parisienne sous la Restauration.

Paris comptera jusqu'à 150 passages couverts dans les années 1850 (surtout entre les grands boulevards et la Seine sur la rive droite) et en exportera le modèle vers les grandes villes de France (passage Pommeraye à Nantes) et d’Europe (Bruxelles, Milan).

Le percement par Haussmann de nouvelles artères conduira à la démolition de nombreux passages sous le second Empire ; elles apportent une solution aux encombrements de Paris et permettent de flâner en toute sécurité sur leurs larges trottoirs. Les grands magasins viendront s’y installer et leur concurrence mettra les passages survivants hors-jeu pour longtemps.

Ils n’ont été réhabilités que récemment pour accueillir surtout des boutiques de mode (Louboutin galerie Véro-Dodat, Jean-Paul Gaultier galerie Vivienne), mais à chaque passage sa spécialité : tableaux, livres, philatélie.

Les plus beaux passages, que nous avons découverts lors de notre balade jeudi 15 janvier, se trouvent aux alentours du Palais Royal (Galerie Véro-Dodat, Vivienne) ainsi que de part et d’autre du Boulevard Montmartre entre les stations de métro Rue Montmartre et Richelieu Drouot (passage des Panoramas, Jouffroy, Verdeau).

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Au bonheur des dames, mais aussi des messieurs : le Palais Royal et les passages couverts

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