Balades à Paris et en Touraine

« Chabadabada » sur la plage de Deauville en hiver

7 Janvier 2017, 14:15pm

Publié par Jean-Charles Prévost

Un homme et une femme, est le film que tout le monde croit avoir vu mais dont on ne se souvient finalement pas du quart. Les scènes avec Pierre Barouh (musicien qui a introduit en France la samba, disparu le 28/12 dernier), fondamentales pour la compréhension du véritable sujet du film -Peut-on échapper à son bonheur passé et construire une nouvelle relation après la mort de l’être cher ? - m’étaient complétement sorties de la tête au point de me demander si j’avais jamais vu le film en entier -pourtant si, il était au programme de tous les ciné clubs et je ne l’aurai certainement pas raté.

J’ai beaucoup aimé le début lent, fragile , incertain avec toute la poésie des paysages maritimes d’hiver et bien sûr la scène sur le bateau où les mains se frôlent au-dessus de la tête des enfants et le chien qui revient comme un leitmotiv dans les moments importants du film. J’ai aussi beaucoup aimé une photographie magnifique alternant l’optimisme de la couleur, un peu à la Avedon, dans les scènes d’extérieur et le noir et blanc pour les dialogues dans la voiture au rythme des essuie-glace aussi le monologue intérieur de Trintignant qui passe en revue les hypothèses à son arrivée à Paris : « Trop tôt pour la réveiller? Répondre à la question: Qui est-ce? Choisir de dire: le papa d’Antoine. » Et puis, la scène du restaurant, « voulez-vous qu’on lui fasse plaisir? On va commander autre chose : vous avez des chambres? C’est un film tellement romantique et nostalgique d’une époque !!

Le film rend également un hommage appuyé à la Ford Mustang dont deux exemplaires de cette voiture mythique des années 60 (une décapotable rouge « civile »et un coupé blanche préparé pour la compétition) tiennent la vedette, et à la compétition automobile au travers de séquences tournées à Montlhéry et pendant le Monte Carlo 66 et des apparitions de pilotes célèbres de l’époque : Henri Greder, Gérard Larousse, Henri Chemin, grand pilote de Rallye mais aussi dircom de Ford qui en introduisant la Mustang dans toute la production cinématographique de l’époque sans bourse délier (la décapotable rouge conduite par Louis de Funès dans les Gendarmes notamment), invente le placement produit. Ailleurs dans le film Jean Louis Trintignant (dont le père Maurice était un pilote de course célèbre des années 60) pilote lui-même une Ford GT40 et une monoplace Formule Ford sur l’anneau de Montlhéry. Le rôle de pilote de course lui va comme un gant et je suis sûr qu’il ne s’est pas fait prier !

Un homme et une femme n’est pas disponible en replay mais je vous engage à le louer en VOD, vous ne perdrez pas votre soirée !

Pour vous convaincre que Claude Lelouch ce n’est pas seulement Un homme et une femme, voici une petite filmographie très personnelle:

  • 1972 : L'aventure c'est l'aventure Après 1968, devant un monde en apparente effervescence, trois truands (Ventura, Brel et Denner) et leurs deux sous-fifres (Maccione et Gérard) recyclent leurs méthodes traditionnelles de gangsters et décident de jouer la politique pour leurs méfaits. Parodie du film série B, juste désopilant et complètement déjanté.

  • 1973 : La Bonne Année Le cambrioleur Lino Ventura et l'antiquaire Françoise Fabian s'éprennent l'un de l'autre. Il est sympathique mais sans raffinement, elle est cultivée et indépendante mais découvre au contact de Simon que la vanité de son milieu lui pèse, et qu'elle désire une histoire d'amour simple et franche. Le réalisateur Stanley Kubrick était un grand fan du film et le montrait régulièrement à ses acteurs avant un tournage. vu récemment sur Arte, du grand Lino et Fabian la belle Algéroise libérée, parfaite pour lui donner la réplique.

  • 1975 : Le Bon et les Méchants De 1935 à 1945, les pérégrinations d'abord joyeuses d'un couple de malfrats avec une Traction Avant puis leurs démêlés avec le gang des Tractions Avant.(Dutronc, Jobert, Villeret, Bruno Cremer, Brigitte Fossey) Là aussi parodie très réussie, de plus indispensable pour les fans de Tractions.
  • 1981 : Les uns et les autres Le film retrace l’histoire de trois générations, unies par l'amour de la musique et de la danse, de l'entre-deux-guerres aux années 1980, dans quatre pays : France, Allemagne, Russie, États-Unis. Les quatre histoires se rejoignent dans la scène finale, un concert à Paris. J’ai un excellent souvenir de ce film, grande fresque historique joyeuse enlevée par la musique de Francis Lai.

  • 1993 : Tout ça pour ça : Claude Lelouch fait tourner dans ce film son ancienne compagne Évelyne Bouix, son actuelle épouse Marie-Sophie L., et sa future épouse Alessandra Martines et Patrice Lucchini, Vincent Lindon, Francis Huster et Gérard Darmon dans une histoire folle de maitresses et d’amants qui fait le procès de l’amour ou de tous les gens qui s’aiment mais aussi celui de la monogamie. Découvert récemment sur Arte, à réserver à un public Lelouchien averti. La scène dans la tente est un bon exemple de la direction d’acteur si particulière de Claude Lelouch citée par Olivia Bonamy (cf plus bas). Pour cela il faut de bons acteurs prêts à jouer le jeu, évidemment.

  • 1999 : Une pour toutes Trois comédiennes en pleine galère décident d'utiliser leurs talents pour dépouiller des hommes riches, en faisant semblant de tomber amoureuses d'eux. Leur mécanique bien rodée achoppe sur les hasards de la vie...(Anne Parillaud, Alessandra Martines, Marianne Denicourt et surtout Olivia Bonamy). Ce film n’est pas des plus connus et c’est un peu L’aventure c’est l’aventure au féminin, aussi enlevé et aussi drôle ! Pourquoi alors le citer et Olivia Bonamy, qui y tient un rôle secondaire ? C’est qu’en discutant avec elle après la projection du film en 2000 au Festival de Jakarta, Olivia m’a confirmé le plaisir qu’ont les acteurs à tourner sous la direction de Lelouch : « il n’y a pas de scénario, Claude donne deux ou trois indications et on tourne. ». Certes cela ne convient pas à tous les acteurs mais même si ce n’est pas un scoop, c’est quand même fort d’entendre un acteur vous confirmer directement le plaisir de tourner avec Lelouch ! Etant déjà très lelouchien, cette rencontre n’a fait qu’aggraver mon cas !

Pour ce billet je me suis aussi replongé dans les 50+ films de Lelouch (qui a beaucoup tourné -trop au gré de certains critiques qui prennent pour une trahison le succès commercial) et voici ceux qui me font envie :

  • 1967 : Vivre pour vivre : Un reporter de télévision profite de ses voyages et enquêtes périlleuses pour tromper la femme qu'il aime cependant (Montand, Girardot, Candice Bergen). Je n’ai que de vagues souvenirs mais je crois avoir bien aimé.
  • 1969 : Un homme qui me plaît, Jean-Paul Belmondo joue un compositeur tombant amoureux d'une actrice jouée par Annie Girardot pendant un tournage à l'autre bout du monde . C’est ce qu’en dit Jean Dujardin à propos d’Un + une qui me donne envie d’aller voir ce film
  • 1978 : Robert et Robert, Deux "vieux" célibataires ayant dépassé la quarantaine se croisent dans une agence matrimoniale. L'un, Robert Villiers (Jacques Villeret),
  • 2015 Un + une : Antoine Abeilard (Jean Dujardin) est compositeur de musiques de films. Tout réussit à cet homme plein d'humour et de légèreté. Sa vie va cependant être chamboulée lorsqu'il part en Inde travailler sur une version très originale de Roméo et Juliette de William Shakespeare. Il y fait la rencontre d'Anna Hamon (Elsa Zylberstein), épouse de l'ambassadeur de France. Bien que très différents, une attirance réciproque va, de confidences en confidences, très vite les rapprocher. Voir + haut Un homme qui me plaît.

La fameuse scène de la plage de Deauville

L'affiche du film, Trintignant pilote la Formule Ford, H.Chemin au volant de la Ford au départ rémois du Monte Carlo 66 avec Jean Louis Trintignant en navigateur et Lelouch filme depuis le siège arrière, remise des Oscars à Hollywood en 67 Lelouch, Anouk Aimée, Pierre Barouh
L'affiche du film, Trintignant pilote la Formule Ford, H.Chemin au volant de la Ford au départ rémois du Monte Carlo 66 avec Jean Louis Trintignant en navigateur et Lelouch filme depuis le siège arrière, remise des Oscars à Hollywood en 67 Lelouch, Anouk Aimée, Pierre Barouh
L'affiche du film, Trintignant pilote la Formule Ford, H.Chemin au volant de la Ford au départ rémois du Monte Carlo 66 avec Jean Louis Trintignant en navigateur et Lelouch filme depuis le siège arrière, remise des Oscars à Hollywood en 67 Lelouch, Anouk Aimée, Pierre Barouh
L'affiche du film, Trintignant pilote la Formule Ford, H.Chemin au volant de la Ford au départ rémois du Monte Carlo 66 avec Jean Louis Trintignant en navigateur et Lelouch filme depuis le siège arrière, remise des Oscars à Hollywood en 67 Lelouch, Anouk Aimée, Pierre Barouh

L'affiche du film, Trintignant pilote la Formule Ford, H.Chemin au volant de la Ford au départ rémois du Monte Carlo 66 avec Jean Louis Trintignant en navigateur et Lelouch filme depuis le siège arrière, remise des Oscars à Hollywood en 67 Lelouch, Anouk Aimée, Pierre Barouh

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