Balades à Paris et en Touraine

La Basilique de Saint Denis

1 Juin 2016, 17:04pm

Publié par Jean-Charles Prévost

Basilique portail Ouest
Basilique portail Ouest

Saint Denis, ancienne banlieue industrielle défavorisée du Nord de Paris, est plus connu pour son Stade de France que pour sa basilique. Celle-ci est pourtant à la fois une prouesse architecturale, un lieu emblématique de l’histoire de France, sépulture des rois de France de Dagobert à Louis XVIII et symbole dès l’époque mérovingienne de la légitimité reçue de Dieu du pouvoir royal et de sa pérennité et par les tombeaux des rois qu’elle abrite, un musée de la sculpture française du Moyen Age à la Renaissance.

« Montjoie saint Denis ! » le cri de ralliement des chevaliers sur les champs de bataille du XIIe et XIIIe siècle est la devise inscrite sur la bannière écarlate parsemée de flammes d’or plaçant le royaume de France sous la protection de Saint Denis.

La Basilique - terme désignant à partir du Moyen Age les églises importantes et de pèlerinage- est un monument déterminant dans l’histoire de l’architecture religieuse : le chevet de Suger, manifeste du nouvel art gothique construit au XIème siècle sur la crypte romane pour accueillir les pélerins venus vénérer les reliques de Saint Denis et le transept, véritable hymne à la lumière d’une ampleur exceptionnelle, reconstruit au XIIIème par Saint Louis.

Dotée par les rois de possessions considérables en Ile de France et bien au-delà, l’abbaye de Saint Denis était une des plus riches du royaume ; elle possèdait une bibliothèque remarquable où les moines ont élaboré sous Charles V une Chronique du Royaume qui est notre première histoire de France. Cette richesse est à l’origine du développement de la ville de Saint-Denis autour de l'abbaye qui attire aussi orfèvres et marchands notamment lors des célèbres foires du Lendit.

En 1793, les révolutionnaires s’attaquent aux symboles de la monarchie que sont les restes des rois qu’ils font exhumer et la basilique échappe de peu à la destruction. En 1806, Napoléon Ier installe dans l’abbaye un pensionnat où sont toujours éduquées filles et petites filles des titulaires de la Légion d’Honneur et ordonne la restauration de la basilique –où il envisage de se faire enterrer-. A la Restauration, Louis XVIII lui restitue son rôle de nécropole royale en y faisant regrouper les tombes royales des églises d’Ile de France et effacer les traces du vandalisme révolutionnaire. Enfin par la création en 1966 de l’évêché de Seine Saint Denis la basilique accède au rang de cathédrale.

Difficile après cette visite de douter de l’importance de la référence chrétienne dans l’histoire dont témoigne Saint Denis à travers les âges. Bien que la basilique soit beaucoup moins fréquentée que Notre Dame par exemple, voici une visite à conseiller à tous et pourquoi pas à ceux de nos hommes politiques qui s’obstinent à nier l’importance de cette référence chrétienne pour la France …

Basilique façade Nord, intérieur du transept Gisant Charles V et Jeanne de Bourbon et tombeau de Louis XII et Anne de Bretagne
Basilique façade Nord, intérieur du transept Gisant Charles V et Jeanne de Bourbon et tombeau de Louis XII et Anne de Bretagne
Basilique façade Nord, intérieur du transept Gisant Charles V et Jeanne de Bourbon et tombeau de Louis XII et Anne de Bretagne
Basilique façade Nord, intérieur du transept Gisant Charles V et Jeanne de Bourbon et tombeau de Louis XII et Anne de Bretagne

Basilique façade Nord, intérieur du transept Gisant Charles V et Jeanne de Bourbon et tombeau de Louis XII et Anne de Bretagne

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Segolene 01/06/2016 21:54

Très bon article, j'aime bien la chute !

Jean-Charles Prévost 02/06/2016 10:42

Merci Ségolène, ma conclusion s'est vraiment imposée après ces visites : tous les autres pays qui ont eu des régimes monarchiques intègrent ce passé dans leur histoire , pas nous pourquoi? le lien vers un site royaliste peut paraître provocateur, mais c'est justement sur ce site qu'on trouve une approche associant le site et les tombeaux à St Denis aux "regalia" du Louvre qui ne sont plus considérés aujourd'hui que comme des objets d'art alors qu'ils ont une valeur historique et sacrée.