Balades à Paris et en Touraine

Lionel Duroy « Le Chagrin » résumé et critique

9 Mai 2016, 13:08pm

Publié par Jean-Charles Prévost

Lionel Duroy « Le Chagrin » résumé et critique

Ce mois-ci je vous propose la lecture d’un roman autobiographique de Lionel Duroy « Le Chagrin » publié chez Julliard en 2010 et disponible en poche chez J’ai Lu

Le résumé de Babelio :

« Au départ, c'est un couple amoureux qui convole durant l'Occupation. Le mari est issu de la noblesse désargentée ; d'une grande beauté, l'épouse aspire à une vie mondaine digne de sa récente particule. En catholiques zélés, ils donnent naissance à onze enfants, tandis que toute la maisonnée mène aveuglément un train de vie de grands bourgeois. Prêt à se lancer dans les entreprises les plus hasardeuses pour satisfaire les exigences de sa bien-aimée, le père accumule en secret des dettes exorbitantes. La chute n'en est que plus rude. Expulsion des beaux quartiers, humiliation sociale... toute la tribu est relogée dans une cité lugubre où ne tiennent aucun des meubles fabriqués sur mesure pour le bel appartement de Neuilly. La paix du ménage se fissure, tout comme l'équilibre psychologique de la mère. Commence une longue série de galères - de magouilles paternelles en crises de nerfs maternelles. Le narrateur, l'un des enfants, est le témoin épouvanté des calamités qui s'amoncellent au-dessus du foyer familial. Un chagrin qui pèsera sur ses épaules durant toute son existence. De 1940 à nos jours, la société française connaîtra elle aussi de grands bouleversements. Mais jamais cette famille ne sera du bon côté des événements politiques. Défenseur de Pétain sous l'Occupation, opposé de nouveau à de Gaulle lorsqu'il " abandonne " les Français d'Algérie, et pestant contre ces "gauchistes" qui, en 68, incendient Paris du haut de leurs barricades, le père est toujours à contre-courant des grands mouvements libérateurs. Il faudra plusieurs décennies au narrateur pour se défaire de l'héritage culturel familial, et parvenir enfin à se forger ses propres convictions. Comprendre d'où l'on vient pour parvenir à s'émanciper de son passé, telle est l'entreprise du Chagrin. Lionel Duroy s'est inspiré de son propre parcours pour écrire ce magistral roman d'initiation. Loin de montrer la face glorieuse de son existence, c'est au contraire avec un courage et une sincérité déchirants qu'il décrit ce que tant d'autres familles taisent sur leurs origines honteuses ou inavouables. Selon une conception cyclique du temps chère à Marcel Proust, Lionel Duroy démontre que les mêmes épisodes traumatiques ne cessent de se rejouer dans notre vie présente, sous d'autres déguisements. Et souligne, avec mélancolie, la manière dont l'enfance continue à nous hanter des décennies plus tard. »

Ma critique :

Après un épisode « colonial » dans le Bizerte des années 49/50, ce roman se déroule dans un environnement familier aux résidents de la banlieue ouest : d’abord Neuilly côté bois, puis la déchéance dans la cité HLM de la côte Noire à Rueil, la résidence du Pré au Bois sur le plateau de Vaucresson, le domaine Saint François d’Assise. La famille de Lionel Duroy (Duroy de Suduiraut à l’état civil) est certes atypique mais la situation qu’il décrit n’est pas si rare : autoritarisme des ainés de famille, parents qui donnent leur affection de façon différenciée à des enfants qui pour construire leur personnalité, devront s’accepter tels qu’ils sont et prendre leurs distances par rapport à la doxa familiale.

L’écriture évolue avec le déroulement du récit : elle commence par une confession d’adolescent, mûrit avec celle du jeune adulte : motard et soixante-huitard en colère, puis du journaliste qui épouse la cause algérienne et celle des « déplacés » de l’ex Yougoslavie dont les souffrances lui rappellent les expulsions de son enfance. Dans son premier roman autobiographique, Priez pour nous (1991), Lionel Duroy avait déjà raconté l’histoire de sa famille ; dans celui-ci, près de vingt ans plus tard, il ajoute une « mise en abyme » décrivant les raisons qui l’ont poussé à l’écriture et l’impact qu’a eu le livre sur sa vie personnelle : mise à l’écart par sa fratrie, échec de son couple.

Un livre imparfait, parfois un peu difficile à suivre : je vous avoue avoir sauté à la première lecture le flash-back des pages 47 à 59 ; la référence à Proust dans le résumé de Babelio peut sembler un peu excessive !.

Alors, peut-être parce que je croisais à la messe en 79/80 un de ses oncles, propriétaire du château de Formont à Ambarès (voir page 10) et que le plateau de Vaucresson où j’habite sert de cadre à un bon tiers du roman, mais surtout à cause de son écriture captivante et son côté très personnel, je me suis laissé séduire par ce livre où chacun pourra retrouver des échos de sa propre histoire familiale.

La photo de famille (anonyme) utilisée pour la jaquette du livre, Le château Formont à Ambarès, la rue de Caudéran à Bordeaux, le canal de Bizerte, l'immeuble du Bd Richard Wallace à Neuilly, les HLM de la Côte Noire à Rueil, la résidence du Pré au Bois à Vaucresson, le hameau les Piverts au DSFA, Rabos (Espagne)
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