Balades à Paris et en Touraine

Le quartier des Halles et l’église Saint Eustache

11 Octobre 2015, 08:38am

Publié par Jean-Charles Prévost

Le quartier des Halles et l’église Saint Eustache

Notre première visite cette année nous conduit de l’église Saint Eustache au centre du quartier des Halles, vers la rue Montorgueil, la place du Caire, la rue Dussoubs et le passage du Grand Cerf avant de rejoindre à nouveau les Halles et le chantier de la Canopée.

L’église Saint Eustache est un mélange de style gothique tardif et renaissance avec un portail néoclassique ajouté au 18éme siècle et jamais terminé. Eglise paroissiale et royale, elle remplace au début du 16ème siècle une petite chapelle pour accueillir la population de plus en plus importante et à la fois populaire et aristocratique du quartier (nous sommes près du marché des Halles mais aussi du Louvre, épicentre du pouvoir royal jusqu’au départ de la cour à Versailles). A la suite d’un incendie en 1844 elle sera réaménagée par Baltard, architecte des pavillons métalliques qui lui faisaient face, dans un style combinant le Napoléon III de l’Opéra Garnier et le style « troubadour », vision idéalisée par les romantiques du décor médiéval. Elle est aujourd’hui desservie par la communauté des Oratoriens qui cherchent à « opérer la jonction entre le Mystère chrétien et les cultures d’aujourd’hui » par exemple en accueillant les victimes du Sida.

Les pavillons Baltard ont vécu, mais les restaurants du quartier comme le Pied de Cochon sur le parvis de l’Eglise proposent toujours les nourritures roboratives comme la soupe à l’oignon ou la « Tentation de St Antoine » - queue, oreille, museau et pied de cochon- qu’ils destinaient à la clientèle du marché. Plus loin les commerces d’alimentation de luxe de la rue Montorgueil sont toujours là depuis le 19 éme siècle - le Rocher de Cancale et ses bancs d’huitres décrits par Balzac dans la Comédie Humaine, l’Escargot Montorgueil- et même avant : Stohrer, la plus vieille pâtisserie de Paris était fréquentée par Marie Leszczynska l’épouse de Louis XV.

Bonne chère -Zola appelait les Halles le Ventre de Paris- mais aussi plaisirs de la chair : nous passons tout près des vitrines explicites de la rue Saint Denis mais le quartier comptait aussi des maisons discrètes, à la clientèle choisie, notamment ecclésiastique.

Nous rejoignons le Sentier, au nord des Halles où les noms des rues cèdent à l’égyptomanie du début du 19é siècle: rue d’Aboukir, place du Caire remplaçant la cour des Miracles décrite par Victor Hugo dans Notre Dame de Paris. Dans ce quartier est née l’industrie de la confection et des lieux comme le passage du Grand Cerf servaient d’écrin à ces productions de luxe pour la clientèle aisée du quartier ou de province venue par les diligences qui s’arrêtaient à proximité.

En retournant vers la station de métro Halles nous visiterons le restaurant Pharamond spécialiste des tripes qu’il livrait même à domicile comme les sushis aujourd’hui, où les salons privés à l’étage permettaient aux « people » du 19é siècle parfois galamment accompagnés de venir dîner en toute discrétion. Nous passons aussi à l’angle des rues Mondétour et Rambuteau devant le restaurant où fut tourné en 1956le film de Julien Duvivier « Voici le temps des assassins ». Jean Gabin y incarne le propriétaire et le film permet de retrouver la vie nocturne des Halles dans les années 50.

Nous longeons le chantier gigantesque de la Canopée du Forum des Halles pour comprendre comment le réaménagement va permettre au centre commercial qui avait si mal vieilli de s’adapter à l’évolution de son activité et de mieux s’intégrer au quartier.

1 Rue Montorgueil, 2 à 4 Passage du Grand Cerf  1 Rue Montorgueil, 2 à 4 Passage du Grand Cerf
1 Rue Montorgueil, 2 à 4 Passage du Grand Cerf  1 Rue Montorgueil, 2 à 4 Passage du Grand Cerf

1 Rue Montorgueil, 2 à 4 Passage du Grand Cerf

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