Balades à Paris et en Touraine

Montmartre oui, mais par la face Nord !

21 Mars 2015, 10:30am

Publié par Jean-Charles Prévost

Chevet de la basilique du Sacré Coeur
Chevet de la basilique du Sacré Coeur

Difficile, pensez-vous, d’éviter les flots de touristes qui envahissent la Place du Tertre et les escaliers du Sacré Cœur ? Eh bien jeudi dernier en abordant Montmartre le village par l’autre côté nous avons découvert la vie paisible d’une des dernières campagnes à Paris.

Même si le quartier n’est plus depuis longtemps le refuge des rapins, peintres sans le sou, ou des « apaches » les voyous du quartier qui construisaient des cabanes de fortune dans le maquis, sorte de no man’s land entre Montmartre et les immeubles de la rue Caulaincourt, il a gardé le charme du temps où les Parisiens venaient y prendre l’air et se détendre dans ses guinguettes, jusqu’à la Belle Epoque.

En partant de la place des Abbesses, le centre du village et sa bouche de métro de style « nouille » l’œuvre de Guimard, nous avons gravi les escaliers pour arriver rue des trois Frères face à l’épicerie Collignon bien connue des spectateurs d’Amélie Poulain.

Nous avons continué jusqu’à l’avenue Junot en évoquant le «Passe Muraille » nouvelle de Marcel Aymé et la légende de Saint Denis puis, en passant par les petites rues pavées par l’abreuvoir où buvaient les chevaux après la rude montée et la Maison Rose, peinte par Utrillo, nous avons contourné les vignes et le jardin du Musée de Montmartre. En passant devant le cabaret d’Aristide Bruant « le Lapin Agile », nous avons évoqué le canular de Roland Dorgelès qui y fait peindre devant huissier en 1910 une toile au moyen d’un pinceau attaché à la queue de l’âne Aliboron. Intitulé « Coucher de soleil sur l’Adriatique », accompagné du manifeste de l’école « excessiviste » pour en justifier l’esthétique , le tableau sera exposé au Salon des Indépendants et rapportera 400 francs à son auteur qui décidera cependant d’interrompre là sa carrière… Nous avons ensuite abordé le chevet du Sacré Cœur, qui donne une vue beaucoup plus impressionnante du monument que sa façade sur Paris dont se contentent la plupart des touristes.

Comme le temps froid et venteux en avait fait fuir beaucoup, nous avons continué vers saint Pierre de Montmartre, à l’origine l’église paroissiale du village avec son clocher roman et son intérieur gothique très sobre agrémenté de beaux vitraux des années 50. Un must absolu et une oasis de calme au milieu de l’agitation touristique – et nous n’avons pas eu le courage de pousser jusqu’à la place du Tertre !

Pour finir, nous avons descendu le grand escalier du Sacré Cœur en profitant du point de vue sur Paris et en évoquant le tableau que nous avions vu à Carnavalet, montrant l’envol de Gambetta de la place en contrebas, fuyant Paris en ballon monté pour rejoindre le gouvernement replié à Tours, avant de retourner place des Abbesses.

La Maison Rose vue par Utrillo et de nos jours, débat de Gambetta en ballon, la rue des Saules vue par Cézanne et de nos joursLa Maison Rose vue par Utrillo et de nos jours, débat de Gambetta en ballon, la rue des Saules vue par Cézanne et de nos jours
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