Balades à Paris et en Touraine

Après l’exposition Emile Bernard

27 Novembre 2014, 15:11pm

Publié par Jean-Charles Prévost

Emile Bernard le Doute 1924
Emile Bernard le Doute 1924

Au cours de cette magnifique exposition que vous pouvez toujours aller voir jusqu’au 5 janvier au musée de l’Orangerie, nous avons découvert un artiste complet et exigeant –à défaut d’être trés connu- qui a abordé de multiples manières picturales au cours de sa longue carrière : du « synthétisme » des premières années à Pont Aven jusqu’aux grands nus classicisants des années 30, en passant par les œuvres orientalistes peintes pendant le séjour en Egypte ou celles inspirées par les maîtres de la Renaissance Italienne lors de ses voyages à Florence et Venise ou par el Greco lors de son voyage en Espagne.

Emile Bernard était par ailleurs un graveur hors pair, les livres illustrés les petites fleurs de Saint François et la Fin de Satan de Victor Hugo présentés dans l’exposition en témoignent : il s’était aussi investi dans les arts décoratifs.

Le rôle d’Emile Bernard critique d’art, qui développe ses idées sur la peinture dans son journal La Rénovation Esthétique, est tout autant méconnu ; sa correspondance avec son ami de jeunesse van Gogh et la retranscription de ses entretiens avec Cézanne qu’il rencontre en Aix deux ans avant sa mort sont pourtant à l’origine de la plupart de nos connaissances sur ces deux peintres.

A l’Orangerie je vous conseille également les collections permanentes : les Nymphéas de Monet qui nous rappellent opportunément ce qu’était l’impressionnisme (dans sa version extrême !) combattu par Emile Bernard au début de sa carrière, et l’œuvre de Derain qui suit un chemin parallèle à celle d’Emile Bernard en partant du fauvisme pour aboutir à un néo classicisme à la manière des peintres hollandais du XVIIé siècle.

Un exemple de plus pour montrer que le sens de l’histoire n’existe pas en art et qu’un peintre peut adopter des manières différentes et faire des retours vers le passé sans dommage pour la qualité de son œuvre pour peu qu’il reste sincère. A cet égard, la visite du Musée Picasso que je suis en train de préparer en apportera une autre démonstration.

Derain London Charing Cross bridge 1906-07 et Nature morte au potiron 1945
Derain London Charing Cross bridge 1906-07 et Nature morte au potiron 1945

Derain London Charing Cross bridge 1906-07 et Nature morte au potiron 1945

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