Balades à Paris et en Touraine

Bréhémont, port de Loire

18 Août 2014, 14:57pm

Publié par Jean-Charles Prévost

Bréhémont, port de Loire

Bréhémont (prononcé Bré-mont) est un petit village des bords de Loire à l’ouest de la Touraine, aux portes de l’Anjou, classé parmi les plus beaux villages de France. Arrosé par la Loire, l’Indre et le Vieux Cher, ses anciennes activités économiques étaient totalement liées à l’eau : la batellerie, la pêche à l’alose et au saumon, et la culture du chanvre qui ont fortement influencé le bâti et le paysage.

L’activité sur la Loire était importante aux XVIIIe et XIXe siècles : la batellerie de Loire accostait au grand port, étonnant pour une petite commune, pour charger les balles de filasse de chanvre et le chanvre en vrac, du foin, du bois en provenance de la forêt de Chinon, mais aussi pour décharger les matériaux de construction : pierres de tuffeau, ardoises, tuiles. De 1670 au début du XIXe siècle, environ 70 mariniers étaient recensés à Bréhémont. On trouvait aussi des charpentiers en bateaux.

Le village était reconnu comme la capitale du chanvre en Touraine : « Le pays de Bréhémont est celui où l’on cultive le plus de chanvre et le meilleur ». Le chanvre y est cultivé dès le Moyen-âge ; déjà importante au moment de la Révolution de 1789, la production augmenta sans cesse jusqu’en 1853, malgré le déclin de la production nationale amorcé en 1841. En 1892, malgré la prime d’encouragement, il ne reste plus que 282 hectares, puis 199 en 1913, 100 en 1942 et 2 en 1966.
Les habitants utilisaient les lits du Vieux-cher comme routoirs (bassins de rouissage pour le chanvre). On trouve encore des tas de pierres utilisées pour immerger les “baillages”, les “échaillots” ou les “roues” de chanvre au bord des rouissons et deux superbes routoirs près du lit de l’Indre, la Butte aux Oies et Belette."

La pêche a été l’autre activité importante de la commune. Elle a fait vivre de nombreuses familles au XIXe et XXe siècle. Au XIXe siècle, 30 familles vivent de la pêche entre La Chapelle aux Naux et Rigny-Ussé. Deux formes de pêche sont pratiquées: la grande pêche utilise des bateaux-cabane munis d’un carrelet et des filets qui barrent une partie de la Loire pour pêcher les poissons migrateurs, saumons et aloses ; la petite pêche aux engins utilise des nasses et des foudrets, elle se pratique en dehors des périodes de grande pêche. Les femmes de pêcheurs allaient ensuite vendre le poisson dans les « écarts » (hameaux). Chaque femme avait son secteur et s’y rendait à pied, et plus tard en vélo ou en voiture. Le poisson était vendu chez les particuliers et chez les restaurateurs. Les saumons et aloses étaient expédiés aux restaurateurs par le train, à partir de la gare de Langeais, jusqu’à Tours, voire Paris. Avant la guerre, lorsqu’il y avait des pêches importantes, les pêcheurs partaient de Bréhémont de nuit et remontaient à la voile jusqu’aux Halles de Tours.

La commune qui était une des plus prospère du département, offre un patrimoine architectural et ethnographique bien conservé et varié : alignées sur la levée (la digue) de Loire ou immédiatement en contrebas, les maisons en témoignent encore aujourd’hui par la richesse de leur ornementation style néo-classique.
Ce passé a été remis à l’honneur récemment : le port restauré accueille des bateaux de pêche, des toues cabanées ou non, un chaland ; on y trouve une bascule publique et même les vestiges des pissotières des mariniers. Les fours à chanvre ont été restaurés, les deux routoirs sur l’Indre nettoyés et l’outillage de culture et de transformation du chanvre a été récupéré par l’association « les Rouissons d'Bréhémont » qui organise des reconstitutions.

Aujourd’hui, Bréhémont bénéficie d’une nouvelle notoriété en tant qu’étape de la Loire à Vélo.

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lapetitemaison 04/09/2014 11:13

Sans oublier les délicieuses fritures de Loire de "La clef d'or" à déguster en regardant le fleuve !